Le Baroud du Corsaire


Nouveau site, nouvelle formule

Le Baroud du Corsaire s’exporte! Suivez-nous sur notre nouvelle adresse avec un tout nouveau rythme : des publications saisonnières et des dossiers de fond qui resteront ouverts pour pouvoir suivre le développement des idées et de la société!

Et pour fêter ce grand chambardement, publication immédiate de deux interviews de Zino Touafek. Découvrez-en un peu plus sur son style et ses inspirations!

Appel à témoins : premier dossier sur lequel je travaille « Islam, Mode et Vêtement« . Parlez-nous de vous!

A très bientôt, pour encore et toujours faire le baroud avec le corsaire ;)


Wanted : win rak ?

J’ai toujours aimé l’idée que toute offre soit accessible au plus large public (ah oui je sais, c’est un peu fleur bleue, mais chacun doit avoir des espoirs insensés qui l’animent, n’est-ce pas ?). Autant dire que pour mon blog, c’est carrément loin d’être le cas puisque…

La suite de cet article tout en bas de la page « Engagez-vous qu’ils disaient« . Pour résumer : je réfléchis à un projet de traduction en arabe du blog. Amoureux de la langue de Guerrouabi, n’hésitez pas!


Oustsiders : Chap.2, Recette pour avoir le style O.

… 

BC : Vous avez lancé une campagne « Community ». Y a-t-il une raison pour qu’on ne vous y voit pas ?

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A travers cette campagne, les clients Outsiders postent leurs photos en t-shirt.

O : C’est parce qu’on veut intriguer les gens. Mettre un point d’interrogation sur le visage des Outsiders… Mais nous mettrons peut-être nos photos bientôt, qui sait ? 

BC : Puisque vous jouez les designers Mystères, décrivez votre tenue d’aujourd’hui pour les lecteurs. 

Lotfi : Je porte un slim, des ballerines Victoria Shoes et une chemise H&M. 

Nawel : Je suis habillée avec une petite robe et des talons. 

BC : On doit aller où pour s’habiller comme les Outsiders ?

O : On customise souvent nous-mêmes nos fringues. On achète un truc et on lui ajoute d’autres choses pour le rendre plus original. On aime beaucoup H&M, Bershka. 

BC : Jouez les coach de style pour moi. Le grand jour est arrivé, je dois me présenter devant ma belle-famille, lequel de vos T-shirt conviendra le mieux ?

O : Le Fuck You Very Much!  

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BC : Mais qu’est-ce qu’il lui est arrivé à Astroboy pour être devenu aussi impertinent ?

O : Il se rebelle ! C’était aussi un message pour tous les gens qui ne croyaient pas en nous.

BC : Côté son, je trouverai quel style si j’empruntais vos lecteurs de musique ? Lotfi, j’imagine qu’il y aura entre autres les Beatles…  

Lotfi : Oui les Beatles, Jon Bon Jovi, les Rolling Stones. Surtout les bandes-sons de séries TV. En ce moment j’écoute en boucle la BO de la série musicale Glee. 

Image de prévisualisation YouTube Est-il besoin de préciser qu’il s’agit du fameux « Miss You » des Rolling Stones ?

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Nawel : Jason Mars, 30 seconds to mars, Lady Gaga, Lily Allen, Chris Brown, Rihanna, etc. 

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BC : Encore une fois, ce sont deux univers bien différents mais tous deux très tournés sur des sonorités pop-rock occidentales. 

: Oui et c’est une bonne chose pour nous car on se complète. 

BC : Qui est-ce que vous rêveriez de voir habillé en Outsiders ? 

O : Elisa Dushku,

 (Doll House, Buffy contre les Vampires, entre autres).

Lady Gaga, Jud Law

241_21b55d7bad9c5fe88255b78f12e50654 (A.I., Bienvenue à Gattaca, Sherlock Holmes, entre beaucoup d’autres).

et Barack Obama. Et aussi tous les élèves qui se moquaient de nous lorsqu’on était jeunes au lycée. Ça nous ferait trop plaisir. 

BC : Vous disiez être marginaux à l’école. Aujourd’hui, vous renversez carrément la tendance…

O : Oui, oui, être outsiders n’est plus ringard, mais « in », à la mode. C’est ça le message caché : ne pas avoir honte de ce que l’on est. Il faut toujours s’imposer dans la vie. 

BC : Etes-vous déjà tombé dans la rue sur l’un de vos T-shirts portés par quelqu’un ? 

O : Oui, et nous avons ressenti un drôle d’effet, difficile à expliquer. On était trop content, ça nous faisait vraiment chaud au cœur. Mais ça n’est arrivé que deux fois. Nos tee-shirts sont en éditions limitées ! Pas facile de croiser des gens qui en portent. 

BC : Aujourd’hui les Outsiders sont-ils devenus VIP et adeptes du Alger By Night ? 

O : Nous restons modestes et même si on est sociables, on garde toujours la tête sur les épaules. Mais bon, ça nous a quand même rapporté des choses Outsiders, comme des invitations pour des soirées VIP. La dernière fois nous étions invités à Elite Algérie. 

Nawel : Récemment j’ai reçu une proposition pour être l’égérie d’une marque de sacs à main. 

BC : C’est agréable de se sentir reconnu par le métier ? 

O : Bien sûr, c’est très agréable. Nous nous sentons uniques. En plus Outsiders est l’une des seules marques algérienne de tee-shirt, alors oui, nous sommes fiers de nous ! 

B: Lotfi, en Europe, il y a beaucoup d’hommes qui tiennent le haut de l’affiche dans la mode. En Algérie, il y en a mais on rencontre bien plus souvent des femmes. Qu’est-ce que ça fait d’être un homme et d’être styliste ? 

Lotfi : En Algérie, si un homme bosse dans le milieu de la mode, ça ne passe pas aux yeux de sa famille ! Ce n’est pas un métier d’homme. 

BC : Toujours par rapport aux hommes, vous proposez des vêtements mixtes. Mais d’une manière générale, il y a finalement peu de créateurs algériens qui s’adressent à eux. C’est quoi le problème de l’homme algérien. Il n’inspire pas assez les stylistes ou il n’est pas bon client ? 

Lotfi : Peut-être que la femme inspire plus, et que l’homme ne dispose pas d’un grand regard. 

BC : Quelle est l’antithèse du style selon vous ? 

O : Les Tee-shirt qui ne transmettent aucun message ou aucune idée, qui ne révèle pas l’identité ou la personnalité de celui qui le porte. Un tee-shirt doit mettre la personne qui le porte en valeur, le rendre sexy, belle ou beau. La personne doit se sentir bien dans sa peau, que ça soit dans le motif, le tissu ou la couleur. 

BC : Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’on ne trouvera jamais chez Outsiders ? 

: Sur ce point on est parfaitement d’accord. Un tee-shirt tout rose pour les garçons, ce n’est pas très beau. Des motifs nationaux genre « I love Algeria » et ce genre de choses non plus, ce n’est pas très chic. Nous adorons notre pays mais nous ne feront pas de motifs sur ce thème. 

BC : Portrait chinois : si vous étiez un vêtement ou un accessoire de mode, vous seriez ? 

Lotfi : Évidemment, un tee-shirt, je sais que c’est trop cliché ! Mais bon je suis un mec, un tee-shirt est un élément très important dans ma vie, que ce soit la journée ou la nuit, en hiver ou en été. 

Nawal : Une montre. Je suis très ponctuelle dans mon boulot et depuis que je suis une businesswoman, je cours après le temps ! 

BC : Avant de nous quitter, quelque chose à ajouter ? 

O : We Love Outsiders We rock Outsiders! 

Sources photos :Outsiders

WikiNoticia pour Eliza Dushku 

UpRoxx pour Jud Law


Outsiders : Chap. 1 We will rock you!

 I’m back ! Et avec du lourd, du très lourd… un plâtre en l’occurrence. Plus je regarde cette masse blanchâtre à ma jambe, massivement prise d’assaut par des attaques aux marqueurs de différentes couleurs et plus je me dis que nos chers designers de mode devraient s’emparer de toutes ces horreurs et les customiser un minimum pour nous donner du style quand on les porte. Adieu minerves et autres déguisements de momie, bonjour style et élégance… Je rêve ? Peut-être, on verra le jour ou un artiste déluré s’y mettra pour de bon et fera un buzz sur Ebay.

En attendant, quand je disais que j’avais du lourd, je ne parlais pas (que) de mon plâtre, dans lequel je me sens carrément gauche, maladroit, exclu dans la course aux transports en commun, mis au ban de la société des piétons pressés, un peu comme un… outsider ? Bravo, magnifique transition pour parler du duo d’Outsiders aux fameux T-shirts (je m’autocongratule mais c’est pour me remonter le moral après les expériences traumatiques vécues dans les escalators, bus, trains et autres délicieuses marques techno-industrielles de modernité… si vous aussi vous compatissez, vous pouvez m’envoyer panier garnis, mhadjab, et autres makrout (aux dattes attention…), ça me remontera le moral). Revenons-en donc à Outsiders !…

Lotfi et Nawal m’ont accordé il y a quelques temps déjà une bonne partie de leur après-midi, histoire d’en savoir un peu plus sur eux. Le Baroud du Corsaire les en remercie et vous dévoile tout de suite un premier extrait de notre entrevue. C’est parti !

Baroud du Corsaire : Outsiders, qui êtes-vous ? 

Outsiders : Nous sommes deux jeunes algériens, Lotfi Nabi, 22 ans et Nawel Atsafaha, 23 ans, deux vrais amis.

BC : Parlez-moi de votre parcours et de la naissance du projet « Outsiders ». : Nous sommes diplômés en BTS Art et Communication Graphique.  “Outsiders” était le thème de notre mémoire de fin d’étude, c’était un projet auquel nous pensions bien avant d’avoir notre diplôme en poche. 

Lotfi : Pour moi, c’était un de mes rêves d’adolescent. Depuis mon plus jeune âge, je portais des tee-shirts de cartoon et on me demandait toujours où est-ce que je les achetais. Je répondais en Europe et les gens trouvaient dommage de ne pas pouvoir trouver ce type de produits sur Alger. J’ai donc eu l’idée d’en fabriquer, de créer une marque 100% algérienne, une marque de tee-shirt chic. 

BC : Et tu as embarqué Nawel avec toi au passage ? 

Lotfi : J’en ai parlé avec elle et en fait c’était aussi le cas pour elle, c’était un de ses rêves. 

Outsiders : Chap. 1 We will rock you! dans Histoire de style LooneyTunesWallpaper

BC : Aujourd’hui vous avez commencer à réaliser votre projet; ça ne vous fait pas bizarre de voir tout ça se concrétiser ?

O : Oui, le fait qu’il s’agissait du thème de notre mémoire de fin d’étude nous a beaucoup aidé pour la suite. Ça a prit du temps, c’est parce que nous voulions faire les choses bien, contrôler chaque détail. C’est sûr que ça faisait bizarre car personne n’avait cru en nous. Nous étions seuls. A nous deux, on s’est donné du courage.

BC : Les gens autour de vous pensaient que vous faisiez fausse route ? 

O : Tout à fait, c’était impossible pour eux. Lorsqu’on disait que nous allions lancer notre marque de tee-shirt, on nous répondait avec ironie « Quoi ? Des tee-shirts ! ». Genre « vous n’allez jamais y arriver ». Maintenant, tout le monde nous dit « je savais que tu allais y arriver ». Ça nous fait rire. 

BC : Vous étiez des marginaux à l’école d’où le nom « outsiders » ? 

O : Tout à fait, nous étions les élèves étrangers et incompréhensibles. Doués en dessin et nul en math !BC : Qu’est-ce qui vous donne la motivation, l’énergie, l’envie de vous bouger tous les jours ?    O : Réussir dans la vie et donner de l’espoir à la génération à venir. Prouver à tout le monde que même en Algérie, tout est possible. On peut réussir en Algérie, même s’il y a des difficultés.    Lotfi : Si nous pouvons réussir alors tout le monde le peut.    BC : Vous participez beaucoup au processus créatif de vos t-shirts?  O : On dessine nous-mêmes nos tee-shirts, nous n’avons pas fait une formation de 3 ans pour rien quand même. On dessine d’abord nos modèles, ensuite on se met d’accord. Après on passe à l’illustration sur logiciel et de là on passe directement à la réalisation en petite série.

BC : Quels sont les avantages et les désavantages de travailler à deux ? O : Il y a une différence de goûts. Nous avons des styles différents donc nous les marions. 

Lotfi : Moi, je suis plutôt dans le style des années 50, 60, 70, un style « american ». A 7 ans, j’étais déjà fan des Beatles. Je suis aussi un fan de cinéma et de séries télévisées, « un sériphile » !

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sixties-hairstyles Comme quoi… On peut devenir une légende sans forcément avoir conscience du style qu’on adopte...

 

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Nawel : Je suis plutôt vintage, pop art, un peu d’électro. J’aime l’art, les tableaux et la peinture.

Girl-in-Mirror Etude sociale dans la vision pop-art de Roy Lichtenstein.

BC : Ce sont des influences très différentes, vous ne vous disputez jamais ? 

O : Non pas vraiment, mais ça nous arrive d’être en désaccord sur les stratégies marketing. Sinon, sur les dessins, chacun donne quelque chose. 

BC : Comment on fait quand on est jeune et ambitieux pour réaliser ses projets ? 

O : Question difficile. Nous avons fait des petits boulots par-ci par-là pour économiser assez et pouvoir lancer la première collection. Nous avons quand même reçu de l’aide de la part de notre photographe Hamza Ait et de notre maquilleur Zino Vouenzarem, qui a travaillé chez Dessange. Ils nous ont aidé à démarrer. 

BC : Aujourd’hui, vous avez réussi à vous créer un réseau dans le milieu de la mode ? 

O : Disons que ça commence à venir. Nous commençons à avoir notre petit carnet d’adresse. Nous avons en général un bon feeling avec les gens. On nous adore facilement ! On nous dit que nous sommes les plus jeunes designers en Algérie. 

 BC : Votre promo se fait essentiellement sur internet via Facebook. Votre style s’adresse à tous les algériens ?  O : C’est le seul moyen que nous avons pour le moment. Nous comptons ouvrir un magasin d’ici un an et demi, mais pour le moment, on préfère se faire connaître sur la toile. Nous visons une catégorie de jeunes plutôt actifs, de 18 à 32 ans, ceux qui veulent se distinguer des autres.   

BC : ça donne l’impression d’une mode plutôt élitiste et communautaire.   

O : On fait des tee-shirts plutôt osés, qui se portent par une catégorie de gens, d’un certain âge, qui sortent la nuit. En général, les 18-32 ans sont ceux qui sont le plus accro à la mode.   

BC : Et côté vente en hiver, vous hibernez ?  

O : Nous pensons éventuellement à proposer des tee-shirts manches longues ou des sweet-shirts. Mais rien n’est sûr. Nous ne savons pas encore si ça peut être vendeur. Nous voulons d’abord faire un genre de sondage. Nous osons prendre beaucoup de risques mais nous sommes aussi assez prudents. Nous ne voulons pas nous jeter dans la gueule du loup. 

BC : Vous travaillez sur des Editions Limitées, c’est définitif ? O : Oui, on veut que nos clients se sentent uniques, originaux.  Lotfi : Personnellement, je n’aimerais pas acheter un tee-shirt et croiser une centaine de mecs qui porteraient la même chose que moi. Je me mets à la place des gens. 

 ….   Stop! On s’arrête là pour cet article. La suite… ben juste au-dessus évidemment !

Sources photos: Legolas sur Dpstream pour les Looney Tunes

Sons of Anarchy pour Marlon Brando

Hot Mens Hairstyle pour les Beatles

That 70′s style pour le panorama 70′s

New York Times pour Roy Lichtenstein